Règlement sur l'exportation de déchets contenant des BPC (1996)Fondement législatifLoi canadienne sur la protection de l'environnement Ministère responsableMinistère de l'Environnement RESUME DE L'ÉTUDE D'IMPACTDE LA RÉGLEMENTATIONDescriptionLes biphényles chlorés (BPC) sont des substances très stables; ils résistent à la dégradation par les produits chimiques ainsi qu'à la dégradation physique. Ils sont persistants et ont également la capacité de s'accumuler dans les organismes vivants et peuvent ainsi pénétrer la chaîne alimentaire. Par conséquent, les BPC figurent à l'Annexe I de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) en tant que substance toxique. De plus, une fois qu'ils sont rejetés dans l'atmosphère, les BPC peuvent se déplacer sur de très longues distances. C'est ainsi qu'il est courant de les retrouver dans la région des Grands Lacs ainsi que dans des régions éloignées comme l'Arctique. La fabrication et l'utilisation, I'entreposage, le transport, le traitement et la destruction des BPC ont été réglementés au Canada respectivement en 1977, 1985, 1990 et 1992. Depuis lors, les gouvernements fédéral et provinciaux ont mis en place des règlements et des programmes afin d'accumuler et d'entreposer sécuritairement les déchets contenant des BPC au Canada tel qu'il est requis par le Règlement sur le stockage des matériels contenant des BPC de 1992. Ayant appris que l'agence de protection environnementale des États-Unis, (US EPA) avait accordé une demande de « discrétion dans l'application des règles » à une entreprise américaine afin d'importer aux États-Unis des BPC en provenance du Canada en vue de leur élimination, le ministre de l'Environnement a émis le 20 novembre 1995 un arrêté d'urgence. Cet arrêté d'urgence in terdit l'exportation aux États-Unis de déchets contenant des BPC. En 1996, les États-Unis ont publié de nouvelles normes à l'importation, lesquelles précisent les conditions qui détermine ront les critères qui devront être pris en considération pour im porter aux États-Unis des déchets contaminés aux BPC. A la suite d'une évaluation par le ministère de l'Environnement de ces nouvelles normes à l'importation, le gouvernement a décidé de per mettre l'exportation de déchets contaminés aux BPC aux États Unis aux fins de traitement et de destruction lorsque la concen tration de ces déchets est égale ou supérieure à 50 parties par million. Afin de mettre en place cette décision, le ministère de l'Environnement propose que le Règlement sur l'exportation de déchets contenant des BPC (1996) remplace le Règlement modifiant le Règlement sur l'exportation de déchets contenant des BPC (Arrêté d'urgence). Il faudrait mentionner que la législation américaine interdit toutes exportations des États-Unis de déchets contenant des BPC. Dans le contexte d'une approche de gestion saine sur le plan récologique, le Règlement sur l'exportation de déchets contenant des BPC (1996) permet l'exportation de déchets contenant des - BPC aux fins de traitement et de destruction mais non aux fins d'enfouissement. L'enfouissement ne détruit pas les BPC; par ; conséquent, il est toujours possible qu'ils contaminent I'environnement plus tard. De plus, les sites d'enfouissement sont sujets à un entretien et à une surveillance continuels. Dans l'éventualité où il serait permis que les déchets canadiens contenant des BPC soient envoyés dans un site d'enfouissement aux - États-Unis, ils pourraient s'infiltrer dans l'environnement et pourraient éventuellement occasionner des dommages à l'environnement canadien, à la santé de la population canadienne de F même qu'à la population d'autres pays en raison de leur capacité à se volatiliser et à être transportés sur de longues distances. De plus, en tant que signataire de la Convention de Bâle, le Canada doit s'assurer que tous déchets dangereux qu'il exporte, incluant les déchets contaminés aux BPC, soient détruits de façon saine sur le plan écologique. Étant donné que les lignes directrices adoptées par les pays signataires de la Convention de Bâle ne considèrent pas l'enfouissement de déchets contenant des BPC comme une mesure saine sur le plan écologique, le Canada a l'obligation de s'assurer que ses déchets contenant des BPC qui sont exportés aux États-Unis ne sont pas enfouis. Dans le cas de mesures autres que l'enfouissement, les expor tations seront autorisées seulement si le ministère de I'Environnement a la garantie que ces déchets sont traités et dé truits efficacement et de façon saine sur le plan écologique et s'il a également la garantie que la US EPA, après en avoir été infor mée, a accepté l'entrée de déchets contenant des BPC sur le terri toire américain. Par conséquent, tel qu'il a été mentionné dans le communiqué de presse émis par les deux ministres, le Règlement permettra l'exportation de déchets canadiens contenant des BPC seulement aux fins de traitement et de destruction et s'assurera ainsi que toutes exportations de ces déchets seront gérées de fa çon saine sur le plan écologique. Le Règiement entrera en vigueur à la date de son enregistre ment auprès du greffier du Conseil privé en vue de sa publication dans la Partie n de la Gazette du Canada. Solutions envisagéesLa première solution à être évaluée a été le statu quo, lequel ne permettrait aucune exportation vers les Etats-Unis de déchets contaminés aux BPC. Cette solution a été rejetée parce qu'elle empêche les propriétaires canadiens de déchets contenant des BPC d'utiliser les installations américaines qui sont situées plus près que les installations canadiennes et qui pourraient traiter et détruire les déchets contaminés aux BPC de façon saine sur le plan écologique et à des coûts plus compétitifs. Une autre solution qui a été évaluée est la possibilité de per mettre que les déchets canadiens contenant des BPC soient ex portés aux Etats-Unis sans aucune assurance sur la façon de les éliminer. Cette solution a été rejetée parce que le Canada doit, en vertu de ses engagements dans le cadre de la Convention de Bâle, ne pas permettre l'exportation de déchets contenant des BPC qui pourraient être traités de façon non saine sur le plan écologique. De plus, une telle solution serait en contradiction avec la Poli tique fédérale sur la gestion des substances toxiques. En vertu de cette politique, une substance qui a les propriétés d'être persis tante, bioaccumulable et toxique doit être gérée de façon à obtenir une élimination virtuelle de cette substance dans l'environnement. Le Règlement sur l'exportation de déchets contenant des BPC (1996) était la seule solution valable pour atteindre les deux ob jectifs visés, c'est-à-dire de permettre l'exportation vers les États Unis de déchets canadiens contenant des BPC et d'assurer que ces déchets soient éliminés de façon saine sur le plan écologique. De cette façon, ce règlement aidera à minimiser les risques pour l'environnement et pour la santé humaine. Ce règlement est com patible avec le principe du développement durable, lequel prend en considération les critères environnementaux et économiques. Ainsi, ce règlement offre aux propriétaires canadiens de déchets contenant des BPC la possibilité de détruire ces déchets plus vite et contribue ainsi à améliorer la protection de l'environnement en réduisant la possibilité d'incidents environnementaux attribuables à l'entreposage ou au transport des BPC sur de longues distances. Sur le plan économique, ce règlement minimise les coûts de traitement et de destruction grâce à l'utilisation d'un plus grand nombre d'installations qui sont en mesure de traiter efficacement ces déchets. Avantages et coûtsAvantagesLe Règlement sur l'exportation de déchets contenant des BPC (1996) permettra aux détenteurs canadiens de déchets contenant des BPC d'avoir accès à un plus grand nombre d'installations conçues pour détruire ces déchets. Par conséquent, il y aura amé lioration de la compétitivité dans ce champ d'activité et toute société canadienne qui a des déchets contenant des BPC qui sont entreposés et qui devront être éliminés bénéficiera directement de ce règlement. Les bénéfices de ce règlement sont donc d'ordre économique. En se basant sur l'inventaire des déchets contaminés aux BPC de 1993, on estime que, pour tous les propriétaires ca nadiens de déchets contaminés aux BPC, les bénéfices ou les coûts totaux d'élimination qui seront réduits de 56 millions de dollars (en dollars canadiens de 1996). Il est donc à noter que des experts dans ce domaine estiment que cet inventaire pourrait avoir été réduit d'approximativement 30 p. 100. Selon cette hy pothèse, ces bénéfices seront également réduits de 30 p. 100 et totaliseront donc $ 39 millions (en dollars canadiens de 1996). Ce montant tient compte des coûts d' élimination et de transport. Ce règlement présente également des avantages pour la popu lation canadienne parce qu'il minimise les risques d'exposition aux déchets contenant des BPC qui sont entreposés à travers le pays. Bien que le transport de ces déchets ne présente pas un grand danger en raison des exigences rigoureuses contenues dans le Règlement sur le transport des matières dangereuses, ce règlement réduira les distances à parcourir puisque les déchets contenant des BPC pourront être transportés aux installations les plus près qui ont des pratiques saines sur le plan écologique, même si elles se trouvent aux États-Unis. De plus, en minimisant le coût de l'élimination des déchets contenant des BPC, ce règle ment permettra d'augmenter le rythme d'élimination des BPC, ce qui réduira les quantités de BPC entreposées, et par le fait même réduira la possibilité d'incidents liés à l'entreposage de ces sub stances toxiques ainsi que les coûts de nettoyage liés à des inci dents environnementaux. Finalement, ce règlement sera avantageux pour les propriétaires canadiens de déchets contenant des BPC parce qu'il leur offrira l'occasion d'accélérer la destruction de leurs déchets dans des installations appropriées et réduira ainsi les frais liés à un entre posage prolongé. Coûts pour les industries touchéesEn permettant aux propriétaires canadiens de déchets contenant des BPC d'utiliser des installations américaines, ce règlement contribuera à une perte pour les installations canadiennes capa bles de traiter et de détruire ces déchets de même qu'aux entre prises qui développent des technologies liées au recyclage. Toute fois, ces pertes sont inférieures au bénéfice susmentionné de 39 millions de dollars (en dollars canadiens de 1996) parce qu'il est prévu que la portion liée au transport demeurera la responsa bilité de sociétés canadiennes. En se basant sur l'inventaire des déchets contaminés aux BPC de 1993, on prévoit que la permission de traiter et de détruire, mais non d'enfouir ces déchets, occasionnera aux détenteurs ca nadiens des pertes additionnelles de 10 millions de dollars (en dollars canadiens de 1996). Tel qu'il est mentionné plus haut, des experts estiment que cet inventaire pourrait avoir été réduit de 30 p. 100; selon cette hypothèse, ces pertes seront donc réduites à 7 millions de dollars (en dollars canadiens de 1996). Coûts pour le gouvernementLes coûts supplémentaires qu'il pourrait y avoir seront com pensés par les économies réalisées sur les dépenses associées à l'inspection des sites d'entreposage, et de façon beaucoup moins importante, sur les autres dépenses associées à l'inspection du transport au Canada. Cependant, une année-personne supplémen taire sera requise pour répondre aux nouvelles exigences régle mentaires relatives au traitement des avis de mouvements trans frontaliers pour s'assurer que les déchets canadiens contenant des BPC sont transportés et éliminés d'une façon efficace et respec tueuse de l'environnement et que les obligations internationales actuelles sont observées. Dans l'éventualité où aucune ressource supplémentaire n'est fournie, il faudra procéder à un réaménage ment des ressources actuelles. ConsultationsLes autres ministères fédéraux intéressés ont été consultés au sujet de ce règlement et ont eu l'occasion de fournir leurs com mentaires au ministère de l'Environnement. Les homologues provinciaux ont été consultés par l'entremise du Conseil canadien des ministres de l'environnement (CCME). Les industries tou chées ont également été consultées sur la question de l'ouverture de la frontière entre le Canada et les Etats-Unis en vue d'exporter des déchets contenant des BPC. Respect et exécutionLe Règlement sur l'exportation de déchets contenant des BPC (1996) sera proclamé en vertu de la Loi canadienne sur la pro tection de l'environnement et sera appliqué conformément à la Politique d'application et d'observation. Cette politique énonce, entre autres, les mesures à prendre pour encourager la conformité, notamment l'éducation et l'information, la promotion du développement de la technologie et les consultations sur l'élaboration des règles. L'application se fera par la surveillance de la conformité pour assurer le respect des règles, notamment celles qui concernent les manifestes et d'autres déclarations que l'industrie doit fournir au ministère de l'Environnement, et par les enquêtes qui sont menées en cas de violation. Les violations seront traitées conformément aux critères énon cés dans la Politique d'application et d'observation, c'est-à-dire que l'on se penchera sur la nature de l'infraction, sur l'efficacité des mesures prises pour parvenir aux résultats souhaités ainsi que sur l'uniformité de l'application. Les violations mineures, par exemple, celles où le dommage ou la possibilité de dommage à l'environnement ou à la santé humaine est minime, pourraient être réglées au moyen d'un avertissement. Les infractions plus graves, notamment celles qui ont une importante incidence sur la santé humaine ou sur l'environnement, pourraient mener à des poursuites. Personnes-ressourcesGeorge Cornwall, Directeur, Direction des déchets dangereux Direction générale de la prévention de la pollution, Ministère de l'Environnement, Ottawa (Ontario) KlA OH3, (819) 953-7293; ou Arthur Sheffield, Chef, Direction de l'évaluation réglemen taire et économique, Direction générale des affaires réglemen taires et de l'intégration des programmes, Ministère de l'En vironnement, Ottawa (Ontario) KlA OH3, (819) 953- 1172. PROJET DE RÉGLEMENTATIONAvis est par les présentes donné, conformément au para graphe 48(1) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement~, que le gouverneur en conseil, en vertu des ar ticles 34b et 45c de cette loi, se propose de prendre le Règlement sur l'exportation de déchets contenant des BPC (1996), ci-après. Les intéressés peuvent, en vertu du paragraphe 48(2) de cette loi, déposer auprès du ministre de l'Environnement, dans les 60 jours suivant la date de publication du présent avis, un avis d'opposition motivé à l'égard du projet de règlement, demandant la constitution de la commission de révision prévue à l'article 89 de cette loi. Ils sont priés d'y citer la Partie I de la Gazette du Canada ainsi que la date de publication du présent avis et d'envoyer le tout au ministère de l'Environnement, Ottawa (Ontario) KlA OH3. Le 1er octobre 1996Le greffier adjoint du Conseil privé
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